Les Télécommunications

Afin de pouvoir dialoguer à distance avec d'autres ordinateurs, il faut soit utiliser un réseau local - si la distance les séparant est faible (cf dossier sur les réseaux locaux), soit des lignes téléphoniques (comme pour accéder à un fournisseur d'accès internet par exemple). Plusieurs technologies existent et nous allons tâcher de vous en donner un aperçu :

LIGNE TELEPHONIQUE TRADITIONNELLE

Tout le monde la connaît : c'est celle qui vous permet d'appeler votre famille une fois par an... C'est le mode de communication installé par défaut dans une maison. Donc tout le monde possède le minimum. Dans le jargon des télécommunications, on appelle cela le RTC (Réseau Téléphonique Commuté).

De manière générale, la ligne téléphonique transporte simplement de la voix. Mais il est possible de lui faire véhiculer d'autres informations comme des données et donc de l'utiliser pour toutes sortes de télécommunications : télésurveillance, accès à l'Internet, ...

Son GROS problème reste la vitesse excessivement lente de ses transmissions. Par défaut, les lignes téléphoniques autorisent le transport d'informations à des débits de 19200 bauds (un baud étant une période de modulation du signal et non pas le nombre de données transmises) et donc en théorie de 19200 bits par seconde (environ 2400 octets par seconde). Si jamais la ligne téléphonique est de piètre qualité, le débit réel (sans compression) passera à 14.4 kbps voire à 9600 bps sans s'en rendre compte. C'est ce que l'on appelle la vitesse de repli. De plus, des erreurs peuvent être générées lors de la transmission à cause de bruits de fonds de la ligne téléphonique donc obligation de retransmettre la partie du message concernée. Toutes ces choses font que les débits sont faibles et non constants.

Pour établir une communication entre deux entités distantes, on utilise des modems (MOdulateur - DEModulateur) qui vont transformer le signal numérique généré par la source (en général un ordinateur) en un signal analogique (sous forme ondulatoire). Ce signal est transmis sur le fil téléphonique et l'opération de démodulation (analogique->numérique) est réalisée par le destinataire.

C'est un système relativement lent, d'une part à cause de cette étape de modulation-démodulation, mais également à cause des débits maximums autorisés sur les lignes téléphoniques. Mais, me direz-vous, qu'est-ce donc alors que les vitesses annoncées de 33600 bps et de 56000 bps ? Cela s'explique par le mode de compression de l'information transmise sur la ligne. Ce sont les modems qui sont en charge de ce travail et qui sont capables de transmettre plusieurs bits par baud. Donc le signal téléphonique reste le même mais transporte plus d'information simultanément. Des anciennes notations X2 et K56Flex il en est ressorti une norme notée V90 qui signale un débit de 33600 bps (théoriques) dans un sens et de 56000 bps (théoriques) dans l'autre. Malgré sa lenteur, c'est un moyen de communication peu coûteux car les modems se trouvent à des prix raisonnables.

LIGNE NUMERIS

Numéris est le nom utilisé commercialement par France Telecom pour désigner le Réseau Numérique à Intégration de Services (RNIS ou ISDN en Anglais - Integrated Service Digital Network). Il se présente sous la forme d'une ligne téléphonique composée de trois canaux numériques : 2 canaux "B" à 64 kbps chacun et un canal "D" dit de signalisation. Sur les canaux "B" sont transmises la voix et les données, alors que le canal "D" sert à l'échange d'informations administratives sur le réseau : établissement et fin de connexion, codes d'erreurs...

Le réseau Numéris a été conçu pour transporter de la voix mais également des données, et notamment les informations en provenance d'Internet. Pour cela, il suffit simplement de posséder un modem capable de se brancher sur le réseau Numéris et d'avoir un abonnement Numéris chez votre fournisseur d'accès. Avec ceci, vous êtes en mesure de profiter de certains des avantages de Numéris par rapport au téléphone traditionnel :

Renseignez-vous bien auprès de l'agence France Telecom la plus proche de chez vous sur les frais de mise en service d'un tel système car ils sont relativement onéreux (à moins que F.T. fasse un geste pour une fois...) mais Numéris apporte une réelle souplesse vis-à-vis du RTC.

LIGNE SPECIALISEE

Si vous avez besoin de débits importants, tournez-vous vers les lignes spécialisées. Ce sont des lignes téléphoniques supportant de moyens et hauts débits (de 64 kbps à 140 Mbps) qui sont louées à France Telecom. Elles sont essentiellement destinées à l'interconnexion de réseaux ou aux connexions permanentes à l'Internet.

De manière générale, le raccordement à une LS (ligne spécialisée) reste relativement cher puisqu'il faut compter environ 10 000 FF pour l'installation de la LS. Il faut de plus rajouter le forfait mensuel qui est fonction de la distance entre les deux bouts de la LS et du type de LS installé. Pour avoir un ordre de grandeur, une LS à 64 kbps coûte entre 3000 et 7000 FF d'abonnement mensuel, et les prix grimpent de façon exponentielle lorsque le débit augmente.

Les LS les plus connues sont les T1 (1,5 Mbps), T1c (3 Mbps), T2 (6 Mbps), T3 (45 Mbps) et T4 (275 Mbps). Ce sont des lignes bidirectionnelles numériques dont la connexion est réalisée via RJ45 ou SUB D15. Une autre catégorie de LS existe également : les E0 (64 kbps), E1 (2 Mbps), E2 (8 Mbps), E3 (34 Mbps) et E4 (144 Mbps). Elles se déclinent sur des liens coaxiaux ou SUB D15.

Les LS, comme la majorité des liaisons hauts débits, reposent sur l'utilisation d'une ou plusieurs liaison de base. Il existe donc toujours une vitesse de base (64 kbps pour la E0 et 1,5 Mbps pour le T1) qui va servir à la composition des hauts débits. Les tableaux suivants montrent la structure des Ex et des Tx.
 
 

E0 64 kbps 1 x E0
E1 2 Mbps 32 x E0
E2 8 Mbps 64 x E0
E3 34 Mbps 16 x E1
E4 144 Mbps 64 x E0
T1 1,5 Mbps 1 x T1
T1c 3 Mbps 2 x T1
T2 6 Mbps 4 x T1
T3 45 Mbps 28 x T1
T4 275 Mbps 168 x T1

Alors si vous n'êtes pas près de vos sous et que l'aventure grande vitesse vous tente, ruez-vous sur une ligne T1 (pour commencer...) et appréciez enfin l'Internet. Pour information, consultez le tableau ci-dessous pour connaître les vitesses comparées des différentes liaisons lors des téléchargements de données (remarquez avec quelle aisance vous saturez en quelques secondes votre disque dur ;-).

28 800 bps 64 000 bps T1 T2 T3 T4
100 Ko 36 s 12,5 s 0,5 s instantané instantané instantané
1 Mo 4 min 51 s 2 min 11 s 5 s 1,3 s 0,2 s instantané
100 Mo 8 h 05 min 27 s 3 h 38 min 27 s 8 min 20 s 2 min 16 s 17 s 3 s
1 Go 3j 10h 51m 1s 1j 13h 16m 58s 1h 33min 27s 23min 18s 2min 50s 30s

Pour connaître les derniers tarifs en vigueur chez F.T., une seule adresse : 3614 RLS

LE CABLE

Pour ceux qui ne connaissent pas le câble, imaginez-vous de pouvoir rester connecté 24h/24 à l'Internet pour le coût d'un forfait d'environ 250 FF, obtenir des débits de l'ordre du Mbps (Megabits par seconde) en réception, pas de temps de connexion,... Mais réveillez-vous car la réalité est tout autre. En effet, il n'y a que quelques "heureux" veinards qui puissent profiter des merveilles (?!) du câble car toutes les agglomérations n'en profitent pas. La liste n'est pas exhaustive mais vous pourriez profiter du câble si vous habitiez une des villes énoncées ci-après : Paris, Marseille, Lyon, Roubaix, Strasbourg, Rennes, Nice, Metz, Bordeaux, Angers, Annecy, Chambéry, Lille.

De plus, le câble a tendance à faire quelques noeuds et les annonces faites par les différents opérateurs (Lyonnaise câble, NumeriCâble, FTC) ne semblent pas correspondre à la réalité rencontrée par les actuels abonnés au service : lenteur (relative tout de même) des transferts, blocages des e-mails et autres raffinements. Cela dit, c'est une affaire de semaines, voire de quelques mois, pour que tout rentre dans l'ordre et qu'enfin les débits annoncés sur les brochures correspondent à ceux que l'on rencontre lors de la navigation et des téléchargements.

Malgré cela, le câble propose donc des technologies intéressantes, et pas seulement pour les connexions à l'Internet. Avec le câble, vous pouvez également regarder la télévision pour un coût forfaitaire mensuel, comme c'est le cas pour le satellite (mais en plus cher).

Pour utiliser l'internet avec le câble, votre ordinateur doit être équipé d'une carte réseau. Vous devez de plus louer un modem câble auprès de votre opérateur et vous voici paré pour un surf à débit élevé. L'offre se révèle intéressante face au RTC et à Numéris mais risque de souffrir face au développement de l'ADSL de France Telecom. En attendant, le câble vous permettra de vraiment profiter d'internet avec un débit intéressant. Il est en effet annoncé un débit de 1 Mbps environ en réception (navigation et téléchargement) et de 600 Kpbs en émission. De quoi satisfaire les blasés de la ligne téléphonique.

Pour plus de renseignements, consultez les sites de CyberCâble (http://www.cybercable.fr), Câble Wanadoo (http://www.cablewanadoo.com) et NumériCâble (http://www.ncnumericable.com). Cela vous permettra de vous forger une idée plus personnelle sur le câble. Nous dirons que c'est un bon mode de communication nécessitant une stabilisation technique.

L'ADSL

L'ADSL (Asynchronous Digital Subscriber Line) est, pour l'instant, la technologie qui offre, sur papier, les meilleures références techniques. C'est un peu comme le câble mais l'avantage c'est de pouvoir réutiliser l'architecture téléphonique existante et qui équipe tous les foyers. Moyennant l'installation d'un modem spécifique et d'une carte réseau, c'est normalement tout ce qui devrait être nécessaire afin de profiter d'un débit relativement important. Alors que le RTC est à un débit de 56 Kbits/s (7 Ko/s), que le Numéris est à 128 Kbits/s (16 Ko/s maximum), l'ADSL se targue de pouvoir atteindre les 6 Mbits/s (780Ko/s) en réception et 640 Kbits/s (82 Ko/s) en émission. Pour le câble, le débit annoncé est de 27 Mbits/s (3500 Ko/s) mais à partager entre 200 abonnés par boucle locale (soit environ 17 Ko/s par personne).

Dans le schéma ADSL, qui englobe le RTC, on retrouve trois canaux de transmissions de données:

Mais ne vous affolez pas ! L'ADSL est encore réservé à une poignée d'heureux élus, situés principalement dans la couronne parisienne. De plus, si vous habitez à plus d'un kilomètre du central ADSL, les performances annoncées baissent de moitié. C'est donc pour l'instant un système privilégiant la zone urbaine. En effet, il apparaît que, en fonction de la distance séparant l'abonné du central téléphonique, les débits varient (cf. tableau ci-dessous).
 
 
DISTANCE DEBIT
5.5 Km 1.5 Mbits/s
4.9 Km 2 Mbits/s
915 m 6.3 Mbits/s
305 m 51.8 Mbits/s

Encore un bémol : il faudra attendre quelques (longs ?) mois avant que la totalité de l'hexagone ne soit couverte par ce système et également que l'ART (Autorité de Régulation des Télécoms) donne son feu vert à France Telecom pour l'exploitation du réseau ADSL.
 

LIAISON SATELLITE

Malgré tout ce que l'on peut en dire, la liaison satellite n'est pas seulement réservée aux personnes fortunées mais (presque) tout le monde peut en posséder une, même si c'est plus compliqué qu'avec un simple modem. Suivez le guide...

Avant toute chose, il faut bien faire la distinction entre trafic montant et descendant. Les informations que vous réceptionnez (trafic descendant) sont transmises par le satellite à destination de votre antenne parabolique. Pour le trafic montant, donc à destination du reste du monde, la solution actuelle consiste à utiliser un modem pour l'émission. En effet, s'équiper d'un système pointé vers un satellite pour transmettre des informations reste encore d'un coût prohibitif, surtout pour un particulier. Ce sont bien sûr les grosses entreprises ou les banques et assurances qui en sont équipées.

Bien sûr, un débit annoncé de 2 Mbits/s (250 Ko/s à comparer aux 7 Ko/s du RTC et 15 Ko/s du Numeris) laisse rêveur mais la réalité est moins belle : il faut compter entre 60 à 80 Ko/s (tout de même !). Replacez ces valeurs dans le tableau ci-dessus pour vous apercevoir que, dans la théorie, c'est une solution qui est très proche de l'ADSL, mais que dans la pratique, il vaut mieux attendre encore un peu que les prix se dégonflent car, même si l'abonnement reste peu onéreux, l'installation l'est. De plus, c'est un peu la foire quant aux opérateurs proposant des services satellite (CanalSat, TPS, Wanadoo Sat, British Telecom, NTT...). L'horizon 2001 sera sans doute plus clair à ce niveau.

Pour information, seule la société EasyNet possède dans son catalogue une offre d'abonnement Internet par Satellite. Consultez leur site Web pour plus d'informations.

LIGNE ELECTRIQUE

C'est LA révolution des télécommunications. D'ici à deux ans, si tout se passe bien, tous les abonnés à l'EDF (notre chère ($$$) institution d'électricité) pourront bénéficier de l'accès à l'Internet rapide. Pour l'instant, ce système est testé outre-manche et l'idée est d'accéder au Net comme à un réseau local. Chaque habitation se verrait offrir un débit de 256 Kbits/s (32 Ko/s) environ avec une facturation comprise dans la facture d'électricité. D'après les tests anglais, il est encore un peu tôt pour juger de la fiabilité du système et reste encore peu convaincant.

© LAGOON C.P.